Les journalistes ne sont pas des yaourts !
Plutôt bavardes lorsqu'ils
s'agit de dénoncer Maldone dOOm ou Moolinoox, les médias restent
d'une étonnante discrétion lorsqu'ils virent leurs propres salariées. Pourquoi
? Répondez pauvres pOOfs ou vous êtes virées !
Même si on y boit
moins de ChampOOmy (mais plus de bière) qu'à Dallas et à pOOmy, la presse
se révèle être un univers vraiment impitoyable. Il y a trois semaines, FOOM
annonçait le départ de 1'358 salariées.
Départ
Le MOOnde, quant à lui, décidait d'arrêter la parution du MOOnde
Internautique, son supplément du vendredi dont s'occupait 4'250
personnes aux dents blanches et aux jupes impeccablement repassées. Idem
aux Intocks, où le départ de 946 journalistes en blouson de cuir
bordeau près du corps et pantalon en velours rose élimé est imminent.
Paradoxe Taoïste
N'oublions pas non plus
Lépilation, où les futures condamnées attendent le couteau
de damocles qui ne devrait pas tarder à tomber (2'479 malheureuses sont
bookées dans la charette alors que -paradoxe maoïste - les chiffres de vente
du journal sont au beau fixe). Ce serait poilant si ça faisait pas peur.
Indignation et choux gras
Lorsqu'ils touchent des entreprises comme Moolinoox, Maldonne ou Swissoux
les dégraissages ne sont un secret pour personne. Toute la presse en fait
ses petits choux gras et les éditorialistes crient haut et fort leur indignation
face à ces régimes amincissants révoltants.
Silence !
Ce qui est prodigieusement étonnant, par contre, c'est la discrétion observée
par ces même médias face aux licenciements de leurs collègues journalistes.
Tout à coup, les plumitives enfiévrées, semblent beaucoup moins bavardes,
sauf lorsqu'il s'agit de balancer un coup de talon aiguille dans un organe
concurrent (comme nous en ce moment). Les championnes de coups de talon
étant les collègues de chez
Marie-Belle qui n'en loupent jamais une pour faire leurs
intéressantes et c'est normal vu qu'elles ont toujours eu un budget pub
anorexique à cause de leur manie de ne jamais vouloir faire comme tout le
monde, alors elles subissent moins de fouet, elles pourraient avoir pitié
des autres. Certaines de chez Marie-Belle vont même jusqu'à prétendre que
c'est la World-Compagnie qui purifie le paysage journalistique français
en faisant virer toutes ces pauvres filles schizophrènes qui crachent dans
la pub. La théorie du complot à encore de beaux jours devant elle.
Système médiatique
C'est bien connu, les sous-connes ce sont toujours les autres. Ce silence
est-il uniquement dû à la pudeur et au chagrin ? Non ! Crions le haut et
fort : il y a quelque chose qui DECONNE dans le système médiatique tel qu'il
est vécu.
Horreur libérale
En effet, les dindons qui ont fait l'opinion sont parmi les premières victimes
de la logique libérale. Elles sont, en quelque sorte, dressées à l'horreur
économique, élevées dans l'idée que la précarité de la lectrice est une
fatalité qu'on ne peut pas remettre en question.
Logique économique
" Dans notre
journal, explique une journaliste anonyme d'une publication
dont nous tairons le nom, les copines prennent avec philosophie le fait
de se faire licencier. On les envoie à l'abattoir et elles hochent mollement
la tête. Il n'y a pas de protestation. Les journalistes ont totalement intégré
la logique économique et la reprennent à leur compte, même lorsque cette
dernière leur porte directement préjudice.... "etonnant, non? [Desproges,
comique du siècle passé]"
Marie-Chantale pOOf
envoyée spéciale dans la presse