Près de 4000 personnes reçoivent notre bulletin par courrier
électronique tous les vendredis. Pour être à l'affût des nouveautés
dans le domaine des TI, abonnez-vous,
c'est gratuit!
Dans cette édition:
- N'en
mettez plus, la coupe est pleine!
- Le
u-commerce, un monde où l'activité économique est omniprésente et
illimitée
- Le
lien entre les communautés de pratique et la gestion des
connaissances
1. N'EN METTEZ PLUS, LA COUPE EST PLEINE!
- C'est tout de même assez paradoxal que sur le Web, qui est
pourtant un média tout à fait contemporain, les sites destinés aux
femmes semblent pour leur part ne pas avoir suivi -
auraient-ils échappé aux affres du temps? - et en être
toujours à l'ère préféministe ...qui remonte pourtant déjà à
quelques décennies. Si le spectre de Doris Day¹ est bel et bien
disparu partout ailleurs, il paraît en effet sévir toujours dans
l'univers virtuel.
Tout se passe en fait comme si, sans doute par crainte d'être
associés au féminisme radical et de s'aliéner ainsi la part plus
conservatrice du marché, les sites pour femmes sombrent dans une
mièvrerie teintée de rose et de fleurettes et se consacrent
finalement à des sujets éminemment féminins. Au menu :
horoscopes, tests (relatifs à la vie amoureuse et sexuelle, à
l'alimentation, etc.), trucs de séduction, d'amaigrissement,
recettes et potins.
Selon Angela Genusa s'ils promettent une révolution, c'est au
contraire plutôt à une dévolution que nous convient ces sites en
offrant des contenus qui nous ramènent, le temps de quelques clics,
plus de trente ans en arrière. Et même dans le cas où des sujets
plus sérieux sont traités, on prend bien soin de les
« traduire » en des termes appropriés : « Vos dettes
ont-elles besoin d'être mises au régime? » ou le non moins
savoureux « Raffermissez vos investissements ».
La même tendance peut en outre être observée ici, les contenus
présentés par certains sites féminins québécois rappelant ceux de
leurs homologues américains. Pour ne nommer que ceux-là, un mot
d'abord sur Entre femmes, le portail féminin de Sympatico, qui
présente ainsi, outre les incontournables sections tests et
horoscope, une rubrique « Je télécharge » qui paraît
prometteuse mais qui présente en fait des applications destinées à
rédiger en ligne le journal de bébé, à garder la forme et à
visualiser votre nouvelle tête en cas de transformation radicale!
Vient ensuite Femmes Québec, d'Infinit.net, avec, sous la rubrique
« Beauté », l'épineuse question « Les teintures à
cheveux sont- elles sans risques? » et sous « Vivre au
féminin », l'inqualifiable « La saison du retour de la
peau sèche ». Sans parler du sempiternel « Tout savoir sur
la cellulite ».
Heureusement pour nous, et rendons grâce à Branchez-vous!,
FemmesWeb.com sauve notre honneur et permet de garder espoir
puisqu'il réussit à allier quelques contenus plus légers à des
sujets d'actualité traités avec sérieux. En prime, la touche
d'humour des « SPM de Webinette »².
Avis donc aux intéressés, qu'elles soient en ligne ou non, les
femmes sont intelligentes - ne constituons-nous pas la grande
majorité de la clientèle universitaire? - et ont des
préoccupations nettement moins frivoles que celles qu'on leur
attribue sur le Net féminin.
¹ Rappelons pour l'anecdote et pour les plus jeunes que la
comédienne incarnait, aux cours des années 60, LA femme américaine
parfaite : épouse dévouée et mère aimante, toujours jolie et
soucieuse de son apparence ainsi que de celle de sa maisonnée.
| ² Dans la même lignée mais en plus cinglant, un groupe de
Françaises qui en avaient particulièrement « marre » ont
protesté à leur façon et mis en ligne un site parodique - un peu
méchant mais parfois tout à fait délectable - au nom déjà ô
combien évocateur de Quelles Connes! PointComme... |
Rédactrice :Catherine Lamy, analyste-conseil en veille
stratégique, CEFRIO
Sources :
- Angela Genusa, Go Ahead,
Insult My intelligence, CIO Magazine, 1er mai 2001
- Entre femmes
- Femmes Québec
- FemmesWeb.com
- Quelles Connes!
PointComme...
2. LE U-COMMERCE, UN MONDE OÙ L'ACTIVITÉ
ÉCONOMIQUE EST OMNIPRÉSENTE ET ILLIMITÉE - Eh oui! Après le
c-commerce (commerce collaboratif), le m-commerce (commerce mobile),
le t-commerce (télécommerce) et le l-commerce (location-based mobile
commerce, commerce mobile basé sur la localisation), voilà
maintenant le u-commerce (ubiquitous commerce, commerce ubiquiste ou
omniprésent)!
Le u-commerce résulte de l'évolution du e-commerce (commerce
électronique) et du m-commerce. Il ne remplace aucune activité menée
présentement par les entreprises; il en est plutôt le prolongement.
Selon John Beck, directeur de la recherche à l'Accenture Institute
for Strategic Change, le u-commerce entraînera d'importants
changements, devenant même un passage obligé pour toute organisation
et non pas une option facultative.
Voyons un exemple permettant de démontrer les possibilités du
u-commerce. Vous vous rendez en France pour une réunion d'affaires.
À la fin de la journée, vous faites une marche en prenant soin
d'ouvrir votre téléphone cellulaire. Vous entrez dans un magasin et
achetez un souvenir que vous payez à l'aide de votre téléphone. Ce
dernier mémorisera le reçu et en transmettra automatiquement une
copie à l'institution qui gère votre compte de frais. De plus, dans
le but de combler vos temps libres, votre téléphone fournira une
liste d'attractions touristiques sur le chemin menant à votre hôtel.
Ainsi, dans son étude intitulée « The future of Wireless :
Different than You Think, Bolder than You Imagine », Accenture,
affirme que les technologies sans fil se développeront d'une façon
inimaginable. Elles ont le potentiel nécessaire pour réorganiser les
industries toutes entières et pour transformer le monde futur en
offrant des possibilités complètement différentes de celles offertes
par le monde actuel du m-commerce.
Enfin, trois caractéristiques définissent ce que Accenture
appelle « the brave new world of uCommerce » : 1-
c'est un monde dans lequel l'activité économique est omniprésente,
illimitée et universelle, avec une connectivité à large bande
accessible en tout temps (7 jours par semaine, 24 heures par jour);
2- c'est un monde dans lequel toutes les plates-formes -
Internet, appareils mobiles, capteurs intégrés - s'interfacent avec
tout autre dispositif;
3- c'est un monde dans lequel les unités mobiles, formées par une
combinaison de téléphones sans fil, d'agendas électroniques,
d'ordinateurs et de téléavertisseurs bidirectionnels, se
fusionneront pour former « l'appareil » dont personne ne
pourra plus se passer!
De belles promesses, mais l'avenir nous dira si le u-commerce
n'est que le reflet d'un nouveau concept accrocheur ou plutôt une
vision réaliste de ce vers quoi la technologie du sans fil nous
mènera...
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du
service SISTech, CEFRIO
Source : Communiqué
de presse, Accenture, 2 oct. 2001
3. LE LIEN ENTRE LES COMMUNAUTÉS DE
PRATIQUE ET LA GESTION DES CONNAISSANCES - Le 7 juin dernier
le CEFRIO donnait le coup d'envoi à trois projets de recherche qui
s'échelonneront jusqu'en 2004. Un de ces projets, Modes de
collaboration et de travail à l'ère d'Internet¹, consiste en une
recherche-action visant d'une part à mettre en place une vingtaine
de communautés de pratique au Québec et d'autre part à étudier les
aspects individuels, organisationnels et technologiques de
celles-ci. Plusieurs organisations autant privées que publiques se
sont d'ailleurs déjà jointes au CEFRIO à titre de partenaires pour
la réalisation de ce projet.
Les communautés de pratique sont nées des recherches de Lave et
Wenger's, deux chercheurs américains, qui en 1991 dans leur
« theory of Communities of Practice » définissaient une
nouvelle approche de partage des connaissances. Au fil des ans, les
communautés de pratique ont évolué pour devenir de véritables
instruments au service de la gestion des connaissances. Elles
permettent de capturer, de partager et d'appliquer les actifs de
savoir des organisations. Elles sont, selon plusieurs consultants,
l'assise de toutes stratégies en gestion des connaissances.
D'ailleurs, Bill Ives, directeur exécutif chez la firme de
consultation Accenture, affirmait dans un récent article de la revue
Knowledge Management Magazine : « les communautés de pratique
et la gestion des connaissances vont main dans la main ».
Une communauté de pratique est en fait un groupe organisé de
personnes échangeant sur un sujet, un domaine de connaissance,
particulier. Elle vise à capturer le savoir tacite ou expérientiel
par l'utilisation d'un forum virtuel commun de collaboration. Elles
répondent au besoin en gestion des connaissances de faire sortir, de
partager, de conserver et d'utiliser adéquatement cette partie
intangible du savoir. L'enjeu en matière de gestion des
connaissances est de taille puisque ce savoir correspond à 70 %
de l'avoir intellectuel des organisations. L'autre 30 %, que
l'on nomme le savoir explicite, est déjà répertorié en matière de
processus, de pratiques de gestion, d'information sur les clients.
Une communauté de pratique est plus qu'une équipe de projet, elle
est un groupe de travail qui transcende les directions, les projets
et la distance géographique. Elle anéantit les silos fonctionnels
souvent présents dans les organisations et crée des liens
transversaux entre les diverses directions. Ses effets se situent
non seulement au niveau de l'organisation mais également au niveau
des individus. En effet, d'un point de vue organisationnel, cette
interaction, cette libre circulation du savoir crée un nouveau
savoir collectif qui en fin de compte mène à l'innovation, alors
qu'au niveau des individus, ce partage du savoir mène au
perfectionnement et à l'accroissement personnels.
¹ Projet sous la direction de Marcel Gilbert, directeur
développement de projets, CEFRIO, mailto:marcel.gilbert@cefrio.qc.ca
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille
stratégique, CEFRIO
Sources :
- Philip J. Gill, Something
in Common, Knowledge Management Magazine
- Modes de travail
et de collaboration à l'ère d'Internet, description du
projet
- 2,5
millions $ en recherche action, Le CEFRIO lance trois projets
majeurs