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Derrière le mythe du "Black Bloc" un arrière-fond de manipulation politique

lundi 26 janvier 2004

Les problèmes liés à la "casse" manifestée au cours des journées liées aux manifestations anti G8 doivent recevoir une réponse politique. Il ne s'agit pas de simples actes criminels, mais d'une dérive politique dont il faut analyser les causes et les effets.

Si effectivement le "Black Bloc" de Seattle a joué un rôle déterminant dans les manifestations de 1999, c'était dans le blocage des hôtels, non pas dans la casse. Beaucoup de ses animateurs étaient anarchistes ; ce qui est loin d'être le cas dans les nouvelles moutures.

Le principal groupe de la mouvance "Black Blocs" suisse est le "Revolutionare Aufbau" de Zurich, dont le noyau central est constitué de militants marxistes-léninistes. Constitué au début des années nonante par la fusion de cinq groupes (Comité contre l'isolement carcéral KGI, Femmes marxistes-léninistes Marlène, un groupe d'apprentis, un groupe migration et un groupe anti-fasciste) le "Revolutionare Aufbau" diffuse des textes de Staline et organise des casses chaque 1er mai à Zurich

Cette politique, apparemment très radicale, leur permet de drainer un bon nombre de jeunes révoltés, qui leur servent de "masse de manoeuvre". Que certains de ces jeunes portent des insignes anarchistes ou même des drapeaux noirs ne signifie pas qu'ils soient réellement anarchistes.

La révolte peut être considérée comme une des conditions de passage vers l'anarchisme. Mais il ne suffit pas d'être révolté pour être anarchiste. Il y a toute une culture de base à acquérir. Sans ce travail d'autonomisation, beaucoup de jeunes restent prisonniers des images projetées par plusieurs décennies de propagande anti-anarchiste, qui associe ce mouvement à la violence et au chaos et veut que les anarchistes soient hyper-individualistes et hostiles à toute forme d'organisation.

Le résultat en est le flottement idéologique de toute une masse de jeunes révoltés, récupérés par l'activisme de groupes comme le "Revolutionare Aufbau" qui profite de la quasi-inexistence de mouvements anarchistes structurés en Suisse-allemande et à Genève. Il est intéressant de constater que dans les régions où sont implantés des mouvements anarchistes organisés avec un développement de pratiques de luttes sociales et autogestionnaires comme à Lausanne avec l'Organisation Socialiste Libertaire et dans le Jura avec la "Fédération libertaire des Montagnes", les dérives vers la violence-spectacle ont pu être contre-carrées.

Si des confrontations avec les possédants ont lieu, c'est sur la base des luttes des mouvements sociaux réels, contrairement aux actes de violence décidés autoritairement par de petits groupes anonymes et complètement déconnectés de la réalité que les gens vivent.

Cinq mouvements anarchistes français : Alternative libertaire, la CNT (Confédération Nationale du Travail), la Fédération anarchiste, l'Organisation communiste libertaire, se sont coordonnés avec l'Organisation Socialiste Libertaire (OSL) de Suisse dans la Claaac (Convergence des luttes anti-autoritaires et anti-capitalistes). Il y a actuellement 17 mouvements signataires, dont la CGT espagnole et la SUF suédoise).

Le tronçon Claaac regroupait 5000 militants libertaires, parmi les 45.000 manifestants qui ont défilés le 1er.juin entre Annemasse et Vallard, en passant par Thônex et Chêne-Bourg. Plus de 3000 d'entre-eux ont participé au Village alternatif, anticapitaliste et anti-guerres (VAAG) d'Annemasse, démontrant leur capacité de débat et d'autogestion.

Un engrenage dangereux

Il est urgent de dénoncer la politique des groupes qui cherchent, par la violence-spectacle, à déclencher des cycles actions-répression-actions-etc. Cette stratégie, portée par les milieux autonomes italiens dans les années septante, a pour but d'exacerber les tendances dures et répressives de la droite, en espérant un soulèvement des masses populaires.

Cette stratégie, qui faisait pendant à la stratégie de la tension des services secrets américains et de la droite, s'est soldée par un cuisant échec, des centaines de militants emprisonnés et l'isolement des groupes d'extrême-gauche.

A Genève, on peut se poser la question de savoir si la droite est bêtement tombée dans le piège de "l'action-répression-action-répression, en voulant interdire ou limiter les manifestations, en amalgamant altermondialistes et "casseurs", en voulant exclure les fonctionnaires qui sont aussi militants.

juin 2003


Le piège policier se referme à nouveau à Landquart

DIDIER ESTOPPEY, DE RETOUR DE COIRE

Paru le Lundi 26 Janvier 2004

. MANIFS ANTI-WEF - Malgré une mobilisation en recul, une belle manifestation pacifique a pu avoir lieu, samedi après-midi, à Coire. Le retour s'est révélé beaucoup plus chaotique.

Landquart. Le nom de ce noeud ferroviaire verrouillant, à l'entrée des Grisons, les difficiles chemins menant à Davos, restera désormais définitivement de sinistre mémoire pour les manifestants se mobilisant contre le World Economic Forum (WEF). L'an dernier, c'est à l'aller que 4000 manifestants avaient été bloqués aux alentours de cette gare ou plus haut, à Fideris. Cette année, c'est sur le chemin du retour que 500 manifestants sont restés pris, des heures durant, dans la souricière que la police leur avait tendue à Landquart.

COIRE OU DAVOS ?

Tout avait pourtant plutôt bien commencé, même si les événements de l'an dernier ont laissé des traces. A Genève, une soixantaine de militants seulement étaient présents, samedi à 7 h 30, au rendez-vous fixé pour prendre le train à destination des Grisons (contre environ 500 l'an dernier). Au fil des stations, l'effectif s'est toutefois renforcé, et c'est dans une ambiance festive et bon enfant qu'environ 200 Romands sont parvenus à pied d'oeuvre en tout début d'après-midi, sans compter ceux partis plus tôt par différents moyens. Et les nombreux Alémaniques montés dans le train à Zurich. Premières hésitations à Landquart. Fallait-il descendre du train pour tenter une nouvelle fois de conquérir Davos ? Ou poursuivre sagement sa voie vers la manifestation autorisée de Coire ? Les plus irréductibles, après avoir constaté leur incapacité à convaincre un effectif suffisant pour tenter une action à Davos, sont finalement remontés dans le train. Et c'est dans le calme que tout le monde a manifesté dans la capitale grisonne, alors qu'une cinquantaine de manifestants environ étaient dénombrés à Davos (lire-ci dessous).

LE TRAIN S'ARRÊTE

C'est après la dispersion de la manifestation que les choses se sont gâtées. Vers 15 h 30, une centaine de militants liés au collectif zurichois Aufbau ont en effet bloqué en gare de Landquart le premier train reparti de Coire, avec à son bord environ 500 manifestants. Motif proclamé du blocage : obtenir la libération de leurs camarades arrêtés à Davos et à Sargans, où plus de cent manifestants avaient bloqué l'autoroute A3 en tout début d'après-midi. Restent des questions en suspens : l'arrêt en gare de Landquart était-il programmé, comme sur l'horaire ? Des militants ont-il tiré le frein d'urgence, comme le proclament les sources officielles ?

COMITÉ D'ACCUEIL

Toujours est-il, selon les témoignages que nous avons recueillis (il nous a été impossible de nous rendre à Landquart durant les événements relatés ici), que le comité d'accueil était au rendez-vous : un dispositif policier impressionnant déployé sur les quais comme aux alentours de la gare. Et qu'un second train, censé suivre le premier de quelques minutes, a été retenu à Coire... comme si la police avait anticipé les événements de Landquart. La situation a rapidement dégénéré. La police a fait usage de matraques, de canons à eau, de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc pour dégager la voie et pour vider les wagons des manifestants restés dans le train. Des centaines de personnes ont ainsi été refoulées et retenues, des heures durant, derrière des grillages installés à proximité de la gare. « On ne nous laissait aucun choix ! » déplore Yves, un Lausannois qui a réussi à échapper au dispositif en se réfugiant avec quelques amis au buffet de la gare. La seule autre échappatoire laissée par la police conduisait, selon ce militant, à une vingtaine de manifestants néonazis qui se tenaient à une trentaine de mètres derrière le cordon policier... « La police n'a rien fait pour les évacuer, déplore Yves. Elle savait que nous n'oserions pas aller nous y frotter, et que tout le monde resterait ainsi pris au piège. » Au final, on dénombre au moins quatre passagers du train blessés.

MILITANTS DÉPITÉS

Ce n'est qu'avec environ trois heures de retard que la circulation ferroviaire a finalement été rétablie sur l'axe Coire-Zurich. Les CFF considèrent comme hors d'usage la rame bloquée à Landquart, dont tous les wagons ont été sprayés, et ont déclaré vouloir porter plainte contre les auteurs de ces déprédations. Les policiers ont effectué, durant toute la soirée, un contrôle minutieux des manifestants piégés, arguant être à la recherche des responsables des déprédations qui auraient été commises dans le train. Sur le chemin du retour, les manifestants romands que nous avons rencontrés affichaient quant à eux fatigue et dépit. Et leur inquiétude pour des camarades toujours retenus à Landquart, dont ils restaient sans nouvelles. Particulièrement fâchés contre la police, ces militants de sensibilité libertaire ne cachaient pas non plus leur amertume à l'égard des militants zurichois qui les avaient retenus en otage en bloquant le train sans aucune concertation. « C'est comme si le scénario était écrit à l'avance et qu'on n'arrive pas à le modifier, soupire Yves. On se fait avoir à chaque fois. Il va vraiment falloir que nous réfléchissions à de nouvelles formes de mobilisation. »

EDITORIAL

Anti-Davos : message brouillé

DIDIER ESTOPPEY

Paru le Lundi 26 Janvier 2004

Les militants qui ont tenté une nouvelle fois d'aller dire leur fait aux maîtres du monde réunis à Davos avaient, samedi soir, des visages amers. Le dispositif sécuritaire délirant mis en place autour de la station grisonne (6500 militaires, 1500 policiers) a une nouvelle fois rendu impossible l'expression sur place du refus de l'ordre néolibéral. C'est à Coire qu'il a fallu aller manifester, loin des yeux et des oreilles des invités du Forum économique mondial, qui se préparaient à la soirée de gala concluant leur grand raout annuel. Plus rageant encore : la souricière policière a une nouvelle fois parfaitement fonctionné, même si c'était cette fois sur le chemin du retour. L'obstination mise par la police à arrêter une trentaine de manifestants à Davos pour contrôler leur identité, son déploiement impressionnant en gare de Landquart ont tout fait pour créer une situation d'émeute. Dont peuvent ensuite se repaître les médias.

La police a pourtant prouvé à Coire qu'elle savait aussi agir avec doigté. C'est dans le calme et sans incident majeur qu'environ 3000 manifestants ont pu déambuler dans la capitale grisonne. Le dispositif policier mis en place est resté discret, résistant presque avec le sourire aux provocations de certains manifestants.

Tout se passe comme si la stratégie des autorités avait visé un double but : montrer que l'on reste attaché au droit de manifester. Mais montrer aussi que le mouvement dit altermondialiste est incapable d'exercer ce droit sans des débordements qu'il faut bien réprimer... Et ça marche. La relation dans la presse des manifestations de ce week-end risque fort de se réduire à celle des incidents qui leur sont liés, occultant totalement le message que les manifestants cherchent à faire passer à ceux qui dominent le monde. La stratégie opère d'autant mieux qu'elle vise le long terme et l'usure. La mobilisation anti-Davos a ainsi cette année considérablement marqué le pas par rapport à celle de l'an dernier. Autre effet : seules les franges les plus déterminées du mouvement continuent à aller manifester. On peut ainsi plus facilement les criminaliser.

La journée de samedi a pourtant montré aussi que l'on peut sortir de ce cycle infernal. A l'image de la population de Coire observant avec sympathie une foule finalement plutôt bon enfant défiler dans ses rues. Ou de cette mère expliquant à ses enfants, dans un train envahi de manifestants, que oui, le monde était devenu tellement injuste qu'il fallait bien faire quelque chose, que non, le porte-bagage sur lequel s'était juché un anti-Davos n'allait pas céder...

Mais pour élargir le cercle des sympathies, il ne suffira pas de continuer à crier à l'hystérie sécuritaire. Les franges du mouvement proclamant leur pacifisme doivent désormais le constater : certains alliés deviennent de plus en plus difficilement fréquentables. Même modestes, les dégâts commis à Coire restent inacceptables aux yeux de l'opinion publique.

Quant au comportement de la centaine de militants alémaniques qui ont bloqué un train à Landquart, il est purement et simplement inadmissible. Non seulement parce qu'il fait, finalement, le jeu des autorités. Mais aussi parce que les centaines de manifestants ainsi pris en otage ont été exposés à la répression sans l'avoir aucunement cherché. Et hésiteront probablement à remettre ça.

De telles stratégies ont peut-être des relents révolutionnaires. Elles s'apparentent surtout à la politique de la terre brûlée. Celle-ci ne fera jamais avancer la cause d'une société qu'on souhaite moins guerrière et plus démocratique. Un autre monde est possible. Un autre langage aussi.


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