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Restons objectifs : entre les répugnantes ordures stalino-libéralistes d'Etat (un métier comme un autre) d'une part, et les talentueux individus libres du web indé d'autre part, on ne voudrait pas avoir à choisir son camp. Car nous sommes plus ou moins double ou flou. Il n'y a pas que les Safranes qui bossent contre nous. Il y a aussi nous. Certains d'entre nous sont même stipendiés par l'Assedic pour payer la TVA sur tout, qui finance les Safranes. La récupération : le traîté le plus complet sur la question est sans aucun doute Shi Nai An, Au Bord de l'Eau (Shui hu zhuan), Folio (et Pléiade pour les plus riches qui ont droit à la fin-catastrophe). Les leaders sont souvent déconcertants pour leurs troupes. Le web indé, c'est le Mont Liang (comme deux). Des leaders : il y en a même qui renoncent à la Safrane qu'ils ont déjà, pour prendre le maquis (à des postes en vue, bien sûr...) : inquiétant, non ? Sauf si on considère que les leaders ne sont que les leurres que l'on tend à l'ennemi, à l'instar de cet affligeant Cohn-Bendit qui se prend (et qu'on prend) depuis le début pour le représentant d'un mouvement dont l'un des caractères principaux fut d'en finir avec toute forme de représentation. (Ne jamais oublier que 68 a été proprement défait par Pompidou, Séguy (la CGT) et les néo-bureaucrates mao-trotsko and C°. Les plus historiens d'entre nous savent que les « acquis de 68 » sont ceux des forces de l'endiguement. Vincennes est à Mai 68 ce que le Sacré-Coeur est à la Commune ). Donc, nous sommes tous plus ou moins doubles et/ou flous. Ce qui est réversible : qui nous dit qu'un baron en vue, tel ce Messied de Crèvendi (de son vrai nom Vladimir-Eddy-Emile Yardeplu) n'est pas l'un des nôtres habilement grimé en ennemi ? ...Et qu'il ne le sait peut-être pas encore ? La ligne de front : elle passe sous nos fronts. Notre capacité à manipuler nos leaders est égale à notre capacité à nous prendre en mains nous-mêmes. Et nous sommes plus intelligents. (Sinon, nous serions leaders). Regardez ce Belfond qui avoue ingénûment (L'Express du 1er Mars) : « Aujourd'hui, bien sûr, tout est différent. Les sensibilités ne sont plus les mêmes; je ne publierais pas ces pages et, d'ailleurs, Cohn-Bendit ne les écrirait pas. Enfin, si, par hasard, je devais rééditer le livre, je lui demanderais de supprimer les passages incriminés. Cela dit, ce qui me surprend le plus dans cette histoire, ce sont les regrets exprimés par Cohn-Bendit. Il n'a pas à se défendre. Dany est au-dessus de tout soupçon. » Traduction : « Autrefois je faisais dans l'édition, mais maintenant je suis plutôt dans la censure, ce qui est d'ailleurs superflu dans le cas de DCB puisque celui-ci est fort capable de se censurer lui-même, tout ceci sans oublier qu'il n'a jamais fait quoi que ce soit de répréhensible à part écrire des mensonges, mais c'était ça 68, une vaste lutte pour le mensonge, mais aujourd'hui, comment DCB pourrait-il mentir, puisqu'il fait de la vraie politique ? » Ce type-là travaille pour nous, à tous les coups. Scénario (pessimiste) : que va-t-il se passer ? Selon toute probabilité : quelques stars du web indé vont être érigées en représentants de ceux qui tiennent avant tout à se représenter eux-mêmes; ils seront conviés, à ce titre, à une sorte de Grenelle de la régulation ; il en sortira une forme d'instance de légitimation évidemment cogérée, qui décidera de qui est indépendant (labélisé) et qui ne l'est pas (la masse de tous ces incontrôlés qui ne dépendent de personne). Observations (optimistes) : si ce monde était capable d'absorber toute l'intelligence et tous les talents qui se trouvent le combattre, Messied repriserait nos chaussettes (car nous sommes charitables); nous ne sommes donc menacés que de la défection de ceux qui sont prêts à aligner des conneries au nom de l'intelligence, de préférence gauchement au nom du talent (Car le représentant vraiment représentatif fait bien sûr d'abord taire sa propre pensée, qu'il pourrait comprendre, au nom des idées de ses mandants préférés : ceux qui n'en ont pas). On va pas pleurer ? Conclusion : Ou bien nous sommes-tous des monstres de duplicité ou bien nous sommes inconsistants. Dans le second cas, peu nous importe ce qui nous arrive. Quant à la duplicité, c'est pile ou face : qui sait quel est le vrai côté de la pièce ? Cette duplicité si omniprésente pourrait même (hé, hé !) installer la parano dans le camp d'en face ? N'en faisons-nous pas tous déjà et aussi partie ? Donc, accélérons le mouvement : qui veut aller au casse-pipe en Safrane ? Fais gaffe au chauffeur, fais gaffe au pompiste, c'est peut-être nous. Bon vent, ou plutôt grosses brises aux "traîtres" virtuels : les autres n'envisagent pas de se taire. Poster un message concernant cet article |