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"Au niveau de la connerie vénale, nous avons encore beaucoup à apprendre des sites des pionnières américaines."

par Barnabé Lysé

Marie-Sophie Poof, PDG de quellesconnes.com, revient sur le phénomène des sites féminins cons.

L'heure de gloire de sites communautaires visant à tirer un max de flOOz aux connes semble passée. Est-ce parce qu'ils manquent de contenu, ou parce que le modèle économique n'est plus adapté aux attentes des investisseurs, notamment ?

Si les contenus étaient hyper-creux, les sites pOOr-connes ne se seraient pas développés, sinon vous insultez les millions de connes qui nous visitent. Il y a une attente pour ce type de sites. Dans la pratique, les femmes de 20-35 ans sont légion de par le monde, et celles de l'international représentent 60% de l'audience du site. Par ailleurs, les visiteurs sont à 75% des connes et 25% sont des cons.

Comme tous les sites de contenu con, nous avons une mise à jour fréquente des rubriques du site. Le site est aussi animé par le forum, qui reçoit environ 2000 messages quotidiens. De plus nous employons une dizaine d'étudiantes pour animer ces forums 24h/24 : des "tchatteuses".

Nous avons une dimension portail, en fournissant des informations générales, comme l'actualité de la vie de femme, les news du sexe de la femme(courrier du coeur du sexe, ...). les recettes de piercing, la mode féminine sur un ton jeune et impertinent, mais nous n'oublions pas les vieilles, avec la rubrique pépophilie et bientôt une rubrique "broderie sur coussin" sera montée. PetitepOOf est en stage pour encore deux mois chez les brodeuses d'Emmental, célèbres ornementrices de coussins péteurs. Les autres rubriques passionnantes sont les cosmétiques ou les critiques culturelles de films. Mais les rubriques qui marchent le mieux sont celles consacrées au sexe, à l'argent et à la beauté et bien entendu les forums, qui renforcent l'aspect communautaire. Enfin, le modèle économique reste celui du gratuit. Nous offrons nos services, et si nous nous faisons un max de thunes c'est uniquement sur la publicité et les activités de commerce électronique.

Le développement de sites féminins se fait-il au détriment de la presse féminine traditionnelle ?

Pas plus qu'ailleurs on assiste à une cannibalisation de la presse traditionnelle par le nouveau média qu'est Internet. C'est un média en plus, les femmes surfent sur les sites, échangent des cartes postales, des e-mails , des idées. S'il y avait un perdant, ce serait la télévision.

Après l'introduction en Bourse, quelle est votre stratégie de développement ?

L'introduction en Bourse s'est passée à un trés bon moment pour nous, et les investisseurs nous ont soutenues, grâce à la conjoncture défavorable pour les concurrentes. Les investisseurs attentaient un site de vraies connes vénales mais authentiques, un site osant descendre fouiller quotidiennement vers les limites de la connerie et de la bassesse. Nous avons répondu à ces attentes. La société a levé 123 millions de dollars des Bahamas lors de son entrée sur le Nouveau Marché de Pomy. Nous prévoyons un chiffre d'affaires de 439 millions de francs (suisses) en 2000 et d'atteindre l'équilibre en 2034.

Nous avons décidé d'aller à l'international en misant sur le Yemen et la Bulgarie, qui étaient encore au début de la vague Internet, à la différence de pays comme les USA ou l'Arabie Saoudite. Les sites américains comme yoomamie.com touchent déjà le Lichtenstein et Monaco. Lancer au Yemen et en Bulgarie, c'était une question de minutage.

Les sites féminins américains qui ont inspiré les sites comme Quellesconnes.com débarquent en Europe, à commencer par la Suisse. Ne craignez-vous pas la concurrence de vos modèles ?

Que nenni. Nous ne craignons pas trop la concurrence américaine car leur connerie cible principalement les connes US et Québécoises, même si celles-ci se rapprochent de l'Europe, nos mentalités divergent. Il est difficile d'adapter sa connerie et de la lancer sur un nouveau marché. Néanmoins, le concept de site généraliste comme poofiottes.com nous a servi de modèle. Nous ne le nions pas. Mais nous avons une dimension graphique et interactive que nos modèlesn'ont pas, parce que nous sommes plus malignes, plus vénales et plus esthétes et surtout beaucoup plus connes qu'elles. La pOOf-européenne touch . En revanche, au niveau flOOz et vente en ligne, nous avons encore beaucoup à apprendre des sites des pionnières américaines.

Comment voyez l'avenir des sites féminins ?

A l'avenir, la consolidation est certaine : il faudra prendre le virage de la télévision interactive, comme la télévision traditionnelle le fait, mais on ne va pas leur laisser ce juteux marché : on va s'y atteler aussi. Nous évoluons vers le multimédia, la vidéo, le son, les animations et surtout surtout surtout le shopping (shopping-télévisé, la vente de musique, le shopping-animé, et le vidéo-shopping). C'est, mine de rien, le pouvoir de l'information qui est en train de se jouer et de se vendre sur internet et je vous remercie de m'avoir interviewée

Comment voyez l'avenir de quellesconnes.com ? et ne me remerciez pas, voyons, c'était un plaisir partagé.

Je vois son avenir en rose, hi hi hi! et bonjour à Marie-Odile :)

Barnabé Lysé

   

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